Vis ma Vie.

Ne vous êtes-vous jamais demandés ce qu’aurait été votre vie si vous étiez nés dans un autre pays, avec une autre famille ? Savoir quels types de parents vous auriez eu, quelle enfance vous auriez vécu, quel parcours auriez-vous pris ?
Si c’est le cas, je suis dans le regret de vous dire que ne pourrez jamais le savoir. 
En revanche, si la réincarnation n’existe pas, j’ai peut-être trouvé la solution qui vous permettra d’avoir une réponse à toutes ces questions…

VOYAGEZ.

En voyageant, vous ouvrez vos yeux et votre esprit, à d’autres paysages, d’autres cultures et d’autres pensées. Plus vous voyagerez loin, plus l’environnement que vous avez toujours connu, diffèrera.

Pour ma part, passer de Paris à Popayán, fût un changement assez radical mais pas brutal. Sans parler de l’architecture, de l’accès plus restreint au confort et de la nourriture; La mentalité des habitants de cette ville (et sans aucun doute, de ce pays en général) reste inégalable à celle que l’on pourrait avoir en Europe. Bienveillants, souriants, attentionnés, généreux. Les colombiens ont tout pour plaire et surtout, savent vivre avec simplicité. Pourtant, cette simplicité ne leur suffit plus. Ils veulent plus et ils veulent vivre comme nous, habitants des pays du Nord, si ce n’est, carrément partir vivre là-bas.

UNE PERCEPTION DIFFÉRENTE.

Depuis notre arrivée, les remerciements de la part des colombiens, quant à notre présence ici, ne se comptent plus.
Si en France, aider un touriste à faire ses courses nous paraitrait complètement absurde, sachez qu’en Colombie, c’est loin d’être le cas. 
À chaque fois que l’on se rend au supermarché, il y a toujours une, deux, voire trois personnes bien veillantes, nous conseillant sur le choix des fruits et légumes, et sur la manière dont il faut les cuisiner.
Je me rappellerai toujours de ce petit couple popayanien qui nous avaient approchés pour nous conseiller et qui à la fin, à ma plus grande surprise, nous remercièrent, eux. Mais merci pour quoi ?

Merci à vous d’être venus jusqu’ici pour visiter notre pays.

Oui oui, vous ne rêvez pas. Nous venions tout juste de nous faire remercier pour notre présence dans leur pays. Comme si leur pays n’avait rien à nous offrir, ou du moins, rien de plus que ce que l’on avait déjà en Europe.

En permanence mis sur un piédestal par les colombiens, aussi bien au travail que dans la vie de tous les jours, finalement, ne se sous-estimeraient-ils pas un petit peu ?

UN PAYS QUI SE SOUS-ESTIME.

La semaine dernière, j’effectuai ma première semaine de travail. Le mardi fut consacré à mon stage au SENA (Service National des Apprentis), il s’agit d’une université technique, puis le jeudi, à mon groupe de recherche, destiné à redesigner le site internet de l’Universidad del Cauca.

Après avoir pu discuter avec mes collègues et supérieurs, j’ai pu m’apercevoir que dans les deux cas, aussi bien au SENA que dans mon groupe de recherche, ma présence au sein de leurs équipes était une chance folle. Dans les deux camps, ils attendent beaucoup de moi.
Ils souhaitent avoir un regard européen, « plus intelligent » me disaient-ils, et plus moderne. D’après eux, ils ne disposent pas des ressources nécessaires pour réaliser un travail créatif et de qualité. C’est pourquoi je serai non seulement, amené à travailler avec eux, mais également, à donner des cours aux élèves apprentis du SENA, ainsi qu’aux professeurs.

Flatteur ou tout simplement absurde ? J’avoue ne pas savoir quoi répondre mais une chose est sûre, c’est qu’ils n’imaginent pas tout ce que l’on a apprendre d’eux.

Il est certain que nous n’avons pas les mêmes modes de vie et que nous avons la chance de vivre dans un confort assez précieux. Toutefois, une remise en question de notre part, ne serait-elle pas judicieuse ?


M o t d u j o u r :
Parcero
Signifiant « frère » au sens amical.
Au fond, il n’y a pas hiérarchie entre nos deux cultures, nous sommes tous
parceros.