Sunny sunday reviews  : en un pied comme en douze.

The great sounds of Beijing -> Poetic edition.   Et comme chaque mercredi, nous vous accompagnons   –   tout au long de l’article pour que vous ressentiez   la ferveur musicale de la semaine passée.   –   Cette semaine à nouveau pas de dérogation,   posez-vous calmement et sentez la chanson  –  de l’auteur Yoga Lin, ma foi si bien nommé  –  puisque de c’est au week-end que son texte est dédié.

Un dimanche de détente, d’art et de découvertes.

Me voilà assoupi la tête contre la vitre,
paysage défilant et coucher de soleil.
Le week-end se termine, deux journées sans pareil :
des flash et projecteurs aux goûts de Pointe-à-Pitre !

Un mélange étonnant qui laisse bien entrevoir
l’énorme potentiel du mélange des cultures.
Alors même que la Chine force son ouverture
au monde, même si c’est dur de s’en apercevoir.

Mais qu’avons-nous donc fait de ces deux jours intenses,
aussi ensoleillés que pluvieuse est la France ?
C’est à ces bons souvenirs que je me laisse aller,
alors que le métro continue de filer

nous ramenant chez nous, d’une régulière cadence
qui berce nos corps crevés par la marche et la danse.
Une longue introduction qui laisse présager
l’ampleur de la mission que Kim m’a imposée.

Mais revenons plutôt à ce même dimanche soir
quelques minutes avant de monter en voiture.
L’heure de nous restaurer après tant d’aventures,
nous avions oublié le manger et le boire !

« Vingt-deux heures vingt-et-une » voyait-on en sous-titre
du dernier téléphone survivant de la veille,
après que les batteries de nos trois appareils
aient toutes rendues l’âme, laissant éteintes leurs vitres.

Nous étions donc tous trois : Thib, Raph et Kimberlé
perdus à Dashanzi, assoiffés, affamés !
En quête d’un mince espoir de combler nos carences
à cette heure de la nuit où tout n’est que silence.

Mais tout à coup le rêve devient réalité,
au coin d’une ruelle sombre une façade éclairée.
Quel soulagement enfin de nous remplir la panse :
trois bols de riz garnis en guise de récompense.

Pour mieux faire la lumière sur la situation,
laissez-moi vous conter ce que nous avons fait
à peine trois heures plus tôt au centre des congrès
de l’ambassade danoise, qu’aussi nous remercions.

Là, se tenait un show assez indescriptible,
mêlant chansons dansantes et prouesses visuelles.
Accomplies avec grâce par de jeunes rebelles,
entre hip-hop asiatique et rock incorruptible.

Il nous avait fallu aligner les planètes
pour que dans cette soirée soient acceptées nos têtes,
alors même qu’un cerbère accroché à la porte
refusait toute entrée, avec ou sans escort.

C’est là qu’est apparu, tombant comme une comète
le visage familier d’un camarade esthète.
Jady, notre sauveur, sépara la cohorte
et nous força l’entrée de l’étonnante place-forte.

Une fois à l’intérieur et la voix inaudible,
ce fut l’heure de fêter de manière fraternelle
notre chance de tomber sur l’homme providentiel
en partageant des verres d’un vin indescriptible.

Quelques gorgées plus tard, au fil des discussions,
un melting-pot de langues : allemand-chinois-anglais.
Et alors que les voix bientôt se mélangeaient,
sur scène une belle latine chantait avec passion.

Nous voilà bouches-bées, la foule nous emporte.
Nous sommes bringuebalés, légers comme des feuilles mortes
envoyées dans la fosse comme au cœur d’une tempête,
qui a pour patronyme le nom de l’interprète :

« Catnapp » ! C’est bien son nom que le public colporte,
espérant un rappel juste avant qu’elle ne sorte
mais le temps est passé, l’artiste se fait discrète.
Comme dirait Orelsan, c’est la fin de la fête.

Continuons ensemble à remonter le temps
et remémorons-nous notre dimanche matin.
Au cœur de la mouvance du nord-ouest de Pékin,
c’est à Wudoakou que nous allions gaiement.

Deux de nos condisciples nous avaient fait transmettre
l’affiche d’un événement en territoire ennemi :
en plein cœur du campus de la U B L C (on prononce « -you –bi –el –ci » NDLA)
se tenait ce jour-là une journée champêtre.

Le nom de l’événement : World Culture festival.
Un grand rassemblement dont le thème principal
prônait avec ferveur le partage des usages
de cent trente-cinq pays présents dans les parages.

Côte à côte sur le pré, une ribambelle d’étals
faisaient se mélanger chansons occidentales
et danses de l’orient : inattendu mixage.
Plus besoin de partir, c’est la ville qui voyage !

En arrivant là-bas à onze heures vingt peut-être,
le lieu n’était pas loin d’être déjà rempli.
Après quelques minutes passées en compagnie
de nos concitoyens sans-gilets jaunes (les traitres !),

nous nous sommes envolés direction les Balkans.
Le temps de déguster un bol monténégrin,
une salade Bulgare et nous voilà enfin
en route vers le Maroc où une paire d’étudiants

qui en plein Ramadan font preuve d’un grand courage
puisqu’ils servent sans trembler des galettes au fromage.
Mais que vaut un repas sans un dessert frugal ?
Nous ne le saurons point grâce aux saveurs spéciales

du dessert concocté par ces gens du Népal
qui arborent sans forcer un sourire amical.

Une si bonne journée qui m’inspire un adage :
Quel bonheur d’être ici grâce au compagnonnage ! ♥

Notre CD deux titres bientôt dans tous les bacs

Une phrase pour conclure cet intense résumé :
Merci à Kimberlé de m’avoir imposé
un style qui me ressemble et me va comme un gant.
Que serait-donc la vie sans un peu de piment ?

En retour, cette semaine ou bien celle d’après,
nous aurons à loisir de trouver son billet
écrit avec douceur dans un style Oulipo
puisqu’elle évitera d’utiliser des  » -o  » !