¡Sin carne, por favor!

Reconnue en tant que ville UNESCO de gastronomie, Popayán a su se démarquer en Colombie par son alliance entre la cuisine traditionnelle, regroupant les plats culturels dits « de las abuelas » (de grands-mères, en français), et celle qui est en danger de disparition de la mémoire collective. Voilà plus d’un mois que nous n’avions pas parlé d’alimentation (encore?), mais dans cet article je vous parlerai de mon expérience en tant que végétarienne, dans cette ville où la viande compose tous les plats.


« Ne t’affame pas en Colombie ! » Oui maman, promis.

Arriver dans un autre pays possédant une culture différente de celle à laquelle on est habitué devient vite un défi quand on possède un régime alimentaire particulier.
C’était la peur que je possédais avant de venir vivre en Colombie. Est-ce que j’allais pouvoir trouver ici de quoi suivre mon mode de nutrition ?

Bien que les assiettes typiques proposées dans tous les restaurants du centre de Popayán, paraissent très colorées, et donc très variées, elles sont toujours composées de viande. En effet, ici les restaurants traditionnels présentent presque tous des menus du jour où on a le choix parmi deux à trois « entradas » (entrées), « proteinas » (protéines, toujours de viande), et « principios » (accompagnements). Néanmoins, les accompagnements sont quasiment toujours composées d’une des spécialités du pays, les « frijoles » (haricots rouges en sauce) ou d’autres légumineuses telles que les lentilles, ou les pois chiches, qui sont des sources en protéines très riches.

Les assiettes restent alors assez équilibrées, même en les commandant sans viande.

Il a donc été plutôt simple pour moi de trouver mon bonheur dans toutes ces propositions, toujours en association avec une portion de riz.

« Que l’alimentation soit ta première médecine » – Hippocrate

Pour des soucis de santé ou par conviction, choisir d’arrêter ou de réduire sa consommation de protéines d’origines animales n’est pas toujours chose facile. Tout d’abord mentalement, si l’habitude nous fait ressentir un manque, ou alors parce que trouver des alternatives dans la vie de tous les jours n’est pas forcément facile.
Malgré le fait que des petits restaurants de spécialités végétariennes commencent à ouvrir à Popayán, la représentation de ce régime alimentaire reste minime, comme dans la plupart des pays.

Certains parlent d’un simple effet de mode, mais selon moi, il s’agit d’une bonne tendance à suivre dans ce cas. Inutile de préciser que les protéines végétales peuvent totalement remplacer les protéines animales, si elles sont bien dosées. En outre, la digestion des protéines végétales est bien meilleure, et à long terme celles-ci sont beaucoup plus bénéfiques pour notre santé.

Et pourtant, la gastronomie originelle indigène de la Colombie était très pauvre en viande, compte tenu de la faible présence d’élevage à l’époque. Les populations se nourrissaient alors presque exclusivement de légumes, de fruits, et des fameuses galettes de maïs (arepas) qui font partie des spécialités du pays. Le commencement de l’utilisation de la viande dans les plats traditionnels, est alors dû majoritairement aux influences espagnoles. Les hommes vivaient alors à l’origine d’un régime alimentaire végétarien.