Rien que pour vos cheveux

Sounds of Beijing -> Chaque mercredi, nous vous proposons la musique qui a rythmé notre semaine afin que vous puissiez l’écouter en lisant nos chroniques, et ainsi vous plonger dans nos aventures. Cette semaine, on s’est coupé les cheveux en quatre pour vous dégoter une chanson qui décoiffe ! Pour cela, quoi de mieux qu’un petit crêpage de chignon bien en règle ? C’est parti pour 发如雪 – 周杰伦 ! Comme vous l’avez sans doute tous compris en lisant les paroles, cette sérénade s’appelle « Cheveux de neige » et fait l’éloge de la magnifique toison de celle qui a dérobé le cœur de Jay Chou ; acteur / mannequin /chanteur adulé, et ici interprète d’une balade qui mélange le style traditionnel chinois avec les sonorités occidentales R&B.

À l’aube de notre 53ème jour, signe de prospérité selon certaines croyances moi-même, il est temps pour nous de faire le deuil de notre « ancien-nous ». Les jeunes étudiants français qui s’extasiaient bêtement devant chaque ravioli vapeur appartiennent désormais au passé et notre mutation est arrivée à un stade de non-retour. Il faut se rendre à l’évidence : nous sommes en train de devenir de vrais chinois !

Alors que notre consœur ivoirienne s’essaie au tissage de Bomizambo et que les colombiens se lancent dans l’écriture d’une télénovela sur le café (on n’a pas très bien compris l’intrigue mais il y a des effets spéciaux, et ça c’est sympa !) ; il nous fallait nous aussi marquer le coup. Après avoir envisagé différentes possibilités pour décrocher notre 2ème étoile de sinoïsme (car le plaisir ça s’apprend !), nous avons conclu que notre projet de chirurgie plastique était assez inconscient et qu’il serait beaucoup plus profitable de s’attaquer à une partie de notre physique un peu moins sensible. C’est dans cet état d’esprit que nous avons sollicité l’intervention de notre ange gardien favori : Minsi.

[ Pour ceux qui n’auraient pas suivi les saisons 1 et 2 des Anges des Humanités Numériques à Pékin, Xu Minsi est une de nos guides anglophones qui nous a accompagné au cours de notre mois de cours et qui continue à nous apporter son aide dans toutes les galères du quotidien. D’aucuns utilisent TripAdvisor, nous n’en avons pas besoin ! ]

Nous voilà donc partis en cette douce soirée du 30 avril, veille de vacances bien méritées, vers le lieu qui marquera à jamais nos vies de son emprunte : le centre commercial de Gaomidian South. C’est dans ce building tout de verre et d’acier que nous allons effectuer le sacrifice nécessaire pour accéder au niveau supérieur de la hiérarchie des étrangers en Chine : l’abandon de nos coiffures occidentales. Des mots qui résonnent encore en nous comme des coups de clairons signifiant que la récréation est désormais terminée. Nous sommes sur le point d’abandonner le dur labeur de plusieurs années pour le laisser aux mains d’un inconnu, et ce en toute connaissance de cause !

Il ne faut surtout pas laisser de place au doute. Sans réfléchir, nous pénétrons dans la demeure de notre futur tortionnaire. Les lettres néon fixées au plafond indiquent clairement le nom de celui qui sera chargé de notre transformation : « JC Salon ».

La suite se passe en un instant.

Kim est happée par le shampooineur et avant qu’elle n’ait eu le temps de réagir, la voilà déjà entre les mains d’un jeune esthète qui s’attaque ni-une-ni-deux à sa frange « Club Dorothée ». En parallèle, Raphaël (qui adore parler de lui à la troisième personne) se dégage de la pression de ses tortionnaires le temps d’un instant et choisit une coiffure coréenne au hasard sur un catalogue avant de rendre les armes.

Le massacre prend place.

De dos, dur de différencier la coiffeuse et le coiffé !

Du coté des rescapés, Thibéry préserve sa toison de feu, terré dans un coin d’ombre alors que la diabolique Minsi se délecte des cris de souffrances de nos deux héros au peloton d’exécution. Ciseaux désépaississants, tondeuse, fer à friser … ; tout y passe et c’est une véritable boucherie (sans charcuterie malheureusement).

Une fois le carnage terminé, il est temps de faire l’état des lieux : léger rafraîchissement d’un côté, et carré plongeant de mère de famille type réunion Tupperware de l’autre. La grande loterie de la vie aura encore eu raison de l’amour-propre d’un des deux larrons (à vous de deviner lequel !).

Toujours est-il que dans les deux cas, la réussite est totale puisque les quelques chinois présents dans l’assemblée s’extasient devant le chef-d’oeuvre capillaire dont ils viennent d’être témoins. Les « bravos » volent tandis que nous reprenons notre souffle. Juste le temps de prendre une photo-finish et nous voilà repartis vers de nouvelles aventures.

À bientôt pour la coloration ?