Quoi de neuf, docteur ?

Une des choses que je voulais absolument découvrir en venant dans un pays possédant des traditions ancestrales indigènes, est la façon avec laquelle ils se soignaient traditionnellement des maladies, en utilisant la nature. 


Tout de même venue à Popayan accompagnée de ma boîte à pharmacie remplie de médicaments tous aussi chimiques les uns que les autres, mais qui me permettent d’avoir toujours réponse à tout en cas de pépin, mon but ultime était de pouvoir en apprendre plus sur des alternatives plus naturelles (et bien sûr rapporter tout ce savoir à Paris).

Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, en 2017, plus de 40% de la population colombienne a recours à la «médecine alternative ou complémentaire», c’est-à-dire autre que la médecine courante utilisée par la majorité.
Dans cette catégorie, on peut parler de la médecine ancestrale, qui est immergée dans toutes les cultures de la Colombie.

« The greatest medecine of all is to teach people how not to need it » – Hippocrates

Dans le cas des cultures indigènes, la médecine ancestrale est vu comme l’héritage le plus important de la sagesse des anciens. Elle est utilisée dans le but de soigner ou d’harmoniser le corps et l’esprit à travers l’énergie des éléments de la nature.
De ce fait, cette culture favorise l’apport de la flore et de la thérapie par la pratique de massage (Ayurveda) ou de postures et d’exercices (de yoga par exemple), à la santé de l’Homme. L’idée étant alors de limiter le besoin de se « soigner » et donc d’éviter le recours à toute sorte de traitement médicamenteux.

Un vendredi sur deux dans le centre de Popayán, « el mercado orgánico » donc le marché bio, s’étend sur plusieurs mètres, à mon très grand plaisir. On peut y trouver toute sorte de légumes, fruits, fromages, épices, et même des petits objets artisanaux. Et c’est d’ailleurs là-bas que j’ai pu assouvir mon envie d’en savoir davantage sur les plantes et leurs bienfaits curatifs.
Le vendeur du stand, qui s’appelait Edinson, indigène de naissance, m’a expliqué que la médecine ancestrale ne se limite pas seulement à l’utilisation de plantes, mais également le feu, les rivières, les montagnes et en général chaque être ou élément de la nature, ce qui permet par des rituels par exemple, l’aide à l’harmonisation de la personne, de la communauté ou du territoire.

Néanmoins, certains breuvages à base plantes, considérées comme des drogues dans d’autres pays comme la France, peuvent être dangereuses si leur utilisation n’est pas faites en toute conscience et après une préparation au préalable. Ce ne sont donc pas des boissons à prendre à des fins récréatives, mais seulement si l’on possède un but précis, car elles permettent d’entrer dans un moment d’hallucination, mais en toute lucidité. Je ne me laisserais personnellement pas tenter par cette expérience, mais Raisa semblait plutôt intéressée (spoiler alert : elle vous en parlera peut-être dans un article, qui sait ? Je ne sais pas en vrai, mais mieux vaut prévenir que guérir).

Cela dit, j’ai pu découvrir à ce stand du marché, plusieurs plantes fraiches, ou séchées utilisées pour être infusées, tout comme le gingembre, la cannelle, les racines de tubercule, ou la cardamome. Chacune possédant ses propres vertus inflammatoires, ou détoxifiantes.

En conclusion, il faut que je me rapproche de cette façon de prendre soin de ma santé, donc dans deux semaines, je reviens au marché pour réellement m’acheter une ou deux racines.
Parce que cette fois-là c’était juste du repérage mais Edinson a su bien me vendre ses produits, il faut le dire.
(oups, sauf l’hallucinogène)