Nous y voilà.

PETITE PARENTHÈSE
Avant de ne débuter ce 17e et dernier article, je souhaitais revenir sur le sondage que j’avais pu faire il y a deux semaines.
Je tiens à dire que je suis très déçu des réponses données. Je pense qu’il s’agit là d’un boycott en ma personne ou d’une vengeance personnelle. M’en voilà très blessé. Si vous ne comprenez pas de quel sondage je parle, je vous invite à voir les résultats juste ici.
FIN PETITE PARENTHÈSE

Le voilà, le 17e et dernier article, signant la fin d’une aventure de 18 semaines, aux côtés de mes compagnonnes de route Raisa et Chloé !
Dans cet article, je ne vais pas seulement vous parler de ce que je laisse derrière moi mais principalement de la leçon que j’ai pu en tirer après 18 semaines au sein d’un pays où la culture y est totalement différente de la nôtre. C’est pourquoi je diviserai ce dernier article en deux parties :
– Partie 1 : Des habitudes qui me manqueront
– Partie 2 : Nous sommes chanceux.

Partie 1 : Des habitudes qui me manqueront.

Bien que pour ma part, le retour en France ne soit pas pour tout de suite, le 15 juillet, je quitterai le pays de la Salsa laissant derrière moi tout un tas de bons souvenirs et d’habitudes que j’avais fini par avoir, au bout de 4 mois.

Tout d’abord, il y a ces cheveux. Ces longs cheveux noirs et marrons, humides, qui squattaient le bord de la douche, le sol de la salle de bain, le rebord de la cuvette, les murs et mes orteils de pieds accessoirement. Ces mêmes cheveux qui, lorsque l’eau coulait, se rassemblaient tous ensemble pour ne faire qu’un, sur le filtre métallique de la douche, formant ainsi une jolie touffe de cheveux bouchant la canalisation et créant ainsi, ce qui m’a traumatisé durant toute mon enfance lorsque je me rendais à la piscine municipale avec mère : un pédiluve bien dégueulasse.
Je parle bien-sûr des cheveux de Raisa et Chloé, qu’elles omettaient parfois de retirer pour m’éviter une crise cardiaque, auxquels j’avais fini par me faire et qui me manqueront, c’est sûr.

Puis il y a ces bons plats que nous cuisinaient chaque jour, Chef Raisa, auxquels mes papilles s’étaient habituées. de la focaccia, aux lasagnes végétariennes, en passant par des cakes aux légumes, je redoute déjà mon retour à Paris, dans mon petit appartement de 18m2, avec mes boites de conserves Bonduelle.

Que seront mes journées, sans le rire incessant de Chloé ?
Sans doute, bien trop calme.
Des fous rires, que parfois, seule elle avait, et qui pouvaient partir d’une simple phrase de ma part à un haricot tombant dans un verre d’eau.
J’avoue que grâce à elle, je ne me suis jamais trouvé aussi drôle.
(De toute façon, je n’ai jamais douté de mes talents d’humoriste).

La voix aiguë à l’accent albanais de Raisa, me manquera également.
À ce propos, si jamais vous souhaitez tester votre audition (et rire également), donnez-lui quelques verres de guarapo, un shot d’aguardiente, et la voilà qui vous créera des phrases ultra-soniques.
Une étude dit d’ailleurs que passé 30 ans, nous ne pouvons plus les entendre. 

Bien dommage.

Les dodos insolites de Chloé rentreront aussi dans les bons souvenirs et habitudes de ce voyage. Posez-la dans n’importe quel endroit disposant d’un fauteuil, et la voilà partie pour 3 jours de sommeil. Un spécimen rare mais attachant.

Enfin, il y a aussi la Arepa du matin, le repas du midi à 1€20, les retards de mes amis colombiens, les alarmes musicales des voitures, le jingle de la radio préférée des colombiens qui passait 113 fois par jours, les nuits avec les copains au Parque Caldas, le guarapo du monsieur de la calle 3, les musiques latines de la seule boite de nuit du centre, la serveuse de notre bar favori, le coucher de soleil depuis la colline du « Moro », leurs bières sans goût, les fourmis sous mon lit, les cafards de la taille d’un pouce enflé, la conduite sans limite des taxis, les chiens errants, le bruit de la pompe électrique du matelas gonflable de notre doyenne à 3h et 5h du matin, etc.

Tout ça, risque fortement de me manquer.
Même les fabuleux articles de Raphaël !

 

Partie 2 : Nous sommes chanceux.

Grâce à mon expérience passée au mexique il y a deux ans, et celle-ci, j’ai pu prendre conscience que nous avions une chance incroyable de vivre sur le continent européen. Il n’y a pas un seul colombien (ou mexicain) qui ne m’a pas dit vouloir vivre en Europe, et plus précisément, en France.
Et il vrai que ça fait rêver ! 


L’architecture.

Comment ne pas tomber amoureux d’une ville comme Paris ? Où tout est beau, tout est propre, tout est symétrique. Le spectacle y est encore plus beau quand les reflets du soleil illuminent les ornements dorés des bâtiments Haussmaniens. 

C’est sûr qu’on est loin de l’architecture de Bogota, Cali, Medellin ou bien même Mexico city, dont les bâtiments n’ont pas été rénovés depuis leur construction, où la peinture a déteinte, où les façades ont été salies par la pollution et où les trottoirs semblent avoir été victime d’une guerre civile. Bien-sûr, tout n’est pas comme ça. Il y a de très beaux monuments et architecture mais grossièrement, c’est ça.


Le confort.

Si vous n’aviez pas encore conscience du confort dans lequel nous vivons au quotidien, je vous invite donc à poursuivre la lecture de cet article.

Bien qu’imparfait, il est vrai que nous disposons toutefois d’un système social plus que confortable. Si les gilets jaunes diront le contraire, il leur suffit simplement de voyager et s’immiscer dans la culture d’autres pays, pour le constater. Malheureusement, lorsque l’on est habitué à une certaine qualité de vie, on devient exigeant et il est difficile de s’en apercevoir.

Si en France, notre mutuelle et sécurité sociale nous remboursent nos frais médicaux, dans les pays d’amérique latine, ne vaut mieux pas tomber malade. Le coût de la vie est déjà si cher pour eux, que dépenser de l’argent dans une consultation ou des médicaments, serait faire des compromis sur d’autres dépenses. 

En France comme en Europe en général, nous avons la chance de nous sentir en sécurité. Ici, aussi bien les colombiens que les mexicains, vivent dans la crainte constante de se faire voler, agresser, etc. C’est devenu une habitude pour eux mais lorsqu’on est étranger comme moi, ne pas pouvoir se déplacer seul à tel endroit, à telle heure, c’est jamais bien rassurant et plaisant. Il faut être en permanence prudent et attentif, faire attention à ce que l’on porte sur soit, se déplacer en groupe, car un seul excès de confiance, d’assurance ou de distraction peut nous être fatal. Je parle en connaissance de cause !

Autre confort que nous avons tendance à oublier, tant cela parait normal : l’accès à l’eau. 
Nous avons la chance d’avoir un accès illimité à l’eau potable et à l’eau chaude (boire l’eau du robinet, prendre une douche avec de l’eau chaude et potable). Même si aujourd’hui, je ne sais pas bien s’il s’agit d’une chance que de pouvoir gaspiller autant de litres d’eau qu’on le souhaite quand on sait que dans d’autres pays plus arides, c’est à peine s’ils en ont pour s’hydrater. 


La mobilité.

L’Europe c’est un petit continent quand on le compare à celui d’Asie ou d’Amérique. On a donc une certaine facilité de voyager d’un pays à l’autre sans que cela soit excessif en terme de prix, que ça soit en avion, en train, en bus ou en voiture. D’ailleurs, à 23 ans, j’ai sans doute visité plus de pays qu’une partie des Colombiens à la retraite. 

Il faut dire que ne disposant pas de réseau ferrée (tout comme au Mexique) et l’avion étant trop cher, ils n’ont pour moyen de transport que les bus. Des bus, qui, selon la destination, peuvent faire en moyenne 16h de route, pour se rendre d’un point A à un point B, au sein d’un même pays. Autant vous dire que prévoir un week-end (samedi, dimanche) à la plage ou dans la ville voisine, ça sera difficilement possible.

C’est pour toutes ces raisons que je me suis aperçu combien nous étions chanceux d’être en bonne santé, de vivre dans des pays sécurisés et développés, disposant de ressources « illimitées » (pour le moment) et d’avoir tout à porter de mains.

Néanmoins, ça n’enlève en rien, la beauté de ces pays et les incroyables paysages qu’ils peuvent nous offrir, qu’on ne trouvera jamais en Europe


¡Muchas Gracias!

Alors merci CréaTIC, merci Coline, merci Aurore, merci John, merci de m’avoir permis de vivre cette belle expérience qui, sans aucun doute, m’aura fait devenir un homme, un vrai.