Mélange artistique

Depuis deux semaines maintenant, nous baignons dans l’univers chinois. Que ce soit lors des cours, des visites, ou encore des rencontres, nous côtoyons de près ou de loin les domaines artistiques, imprégnés de la vision du pays. Architecture traditionnelle, avec des avant-toits aux courbures particulières (que vous pouvez découvrir sur les photographies de l’article de mercredi Spiritualité(s) ), et extravagances modernes comme la tour « Galaxy Soho » se mêlent dans le paysage. Fresques historiques peignant des rencontres entre haut-dignitaires et œuvres de Street-art aux couleurs explosives se côtoient. Musiques actuelles résonnant sur le campus grâce à la radio étudiante et mélodies locales provenant des lampadaires dans les parcs se confondent dans nos mémoires. Pékin est un centre d’art dépaysant, qui nous inonde de ses talents.

Histoire de l’art

Dès notre premier jour de cours, nous avons directement été plongés dans l’univers artistique chinois, abordé à travers le thème de la place des femmes dans l’histoire de l’art. À l’image de la place des femmes dans l’occident, les artistes chinoises étaient discriminées et censurées dans l’art traditionnel. Ce n’est qu’à partir de la deuxième partie du 20ème siècle qu’elles ont progressivement mis en lumière le problème grâce au travail de chercheuses comme Liao Wen, qui questionne le rôle de la femme dans l’art. Ce thème a fait émerger en nous un intérêt plus poussé pour l’art contemporain en Chine. Il a suscité un grand nombre de questions sur les artistes actuels et sur leur travail. Nous avons été étonnés d’apprendre, par exemple, que nos guides ne connaissaient pas le célèbre artiste engagé Ai Wei Wei, pourtant originaire de Pékin, et membre du 798 Art District.

798 Art District, bâtiments d'usine
798 Art District, bâtiments d’usine

798 Art District – Dashanzi

Deux heures de transports, trois changements, et nous voilà dans le lieu artistique le plus connu de Pékin, si ce n’est de toute la Chine. Entre d’immenses buildings faits de verre et d’acier se trouve un quartier constitué d‘anciens bâtiments d’usines aux briques rouges et de maisons grises à l’image du vieux Pékin. C’est dans cet environnement entrelaçant les différentes époques que le 798 Art District met en avant les artistes contemporains. Avec une météo propice à toute visite, nous avons déambulé entre galeries d’art et petits cafés, autrefois produisant des armes et des composants technologiques. Ici, il semble ne pas y avoir de limites : des bustes de Mao sans tête haut de trois mètres, une sculpture du Christ aux tétons recouverts de cœurs rouges, des photographies dénonçant des conditions inhumaines sont présentés par des artistes émergents ou établis.

Le 798 Art District fait converger un ensemble d’arts au sein d’un pôle unique. Cette homogénéité du quartier dénote du reste de la ville, qui semble juxtaposer des bâtiments sans uniformité, comme des infrastructures militaires à côté d’habitations typiques du vieux Pékin ou encore des marchés antiques entourés de tours d’immeubles.

Par ailleurs, nous avons constaté à la suite de nos multiples explorations que très peu de galeries d’art existent en dehors du quartier de Dashanzi. En dehors, la plupart des lieux d’art sont des ateliers de calligraphie, présentant des œuvres d’art traditionnel.

L’art à la fac

Galerie d'art de BIGC
Galerie d’art de BIGC

À l’image d’une mini-ville, le campus possède une multitude d’infrastructures dont sa propre galerie d’art, située au sous-sol de l’institut de recherche. C’est dans un espace de 300m² que sont exposées des peintures et des photographies, provenant principalement des professeurs de la faculté, qui sont nationalement connus. Cet endroit permet également de présenter les travaux des étudiants en fin d’année. La qualité de leurs rendus se confond sans hésitation avec celle de professionnels du design, et de l’art. L’avenir artistique de la Chine peut définitivement compter sur le talent des étudiants de BIGC.