Les données mobiles

Avant de partir à Abidjan, je m’étais renseigné sur les forfaits internet. On m’avait dit qu’il fallait prendre un forfait pré-payé. Je pensais aller dans une agence et acheter une carte. Une fois sur place, on m’a expliqué qu’on achetait les cartes à des marchands dans la rue. En tant que novice, je sentais l’arnaque à plein nez. Arrivée devant le marchand, après lui avoir donné l’équivalent de 10 €, rien ne fonctionnait. Alors, voyant mon air hébété, il prend le téléphone, configure une quantité de données. Et ça marche.

Comment ça marche,
Il faudra que j’attende 4 ou 5 achats plus tard, et un coup de main de mes collègues pour comprendre comment ça marche.
Les forfaits pour les unités. L’opérateur le plus intéressant (et je cite là, mon collègue Assan, car je ne me suis pas livrée à une étude de marché) est moov. Avec 1500 fcfa, on a une carte sim et l’équivalent de 20 mn de communication valable une semaine. Au bout d’une semaine, ça bloque et il faut ré-créditer, même si les 20 mn n’ont pas été consommée. 100 fcfa suffisent, mais il faut rajouter de l’argent.

Pour l’internet, à l’heure où je vous parle, c’est Orange qui est privilégié. On achète une certaine quantité de données, par exemple 10 gigas, valable 1 mois. Les vendeurs dans la rue servent d’intermédiaire entre le client et l’opérateur. Une fois le compte crédité, il faut aller choisir son forfait sur son clavier téléphonique :

par exemple :
#149*31# Acheter un forfait internet
#111#1# Acheter un passe unité pour 1 journée, 100fcfa
#170# SOS Crédit pour bénéficier d’une avance
L’indispensable guide de survie est ici: https://www.orange.ci/particuliers/1/9253/codes-pratiques-83641.html

Tout cela implique, on le voit bien, d’avoir 2 cartes sim et donc 2 téléphones. C’est effectivement l’usage d’avoir un petit téléphone pour les appels et un smartphone pour internet.

Les usages,
Il suffit de voir la quantité de marchands « Tout Rézo » à chaque coin de rue, pour se rendre compte de la consommation des télécommunications.
Le soir même de mon arrivée à Abidjan, la première chose que l’on m’a donné comme une nécessité absolue a été une carte SIM avec un numéro de téléphone.

Dans les lieux culturels, les administrations, personne ne vous répondra par mail. Sur leur site web, on ne trouve que des informations génériques. Et si l’on veut avoir des renseignements, il faut appeler. Pour la moindre information, c’est le téléphone qu’on utilise.
Je comprends maintenant pourquoi, toutes mes démarches en ligne avant de partir ont été infructueuses.

La pénétration du marché des smartphones en Côte d’Ivoire est en complet décalage avec le niveau de vie de la population.
En l’espace d’une génération, on est passé, dans les villages d’un téléphone fixe pour tout le village à un téléphone et un smartphone par foyer. Dans les populations les plus âgées, et les plus isolées, le téléphone permet de rester informé et connecté avec le reste de la famille souvent parti dans les grandes villes pour travailler.
Même les personnes illettrées grâce à des applications telles que facebook et leur système de like, et l’omniprésence des images, permettent à cette population d’accéder au monde entier.

On y voit aussi un fort potentiel pour le développement de l’économie.
Par exemple en agriculture, pour communiquer avec les clients sur l’avancement des récoltes et partager avec eux, visuellement l’état de leur commande. En effet, beaucoup d’agriculteurs ne trouvent pas de client, car ceux-ci n’ont pas confiance sur les capacités à livrer et les récoltes pourrissent.

L’autre axe fort de développement est le traitement automatique de la langue appliqué aux langues locales. Les projets de Text To Speech ainsi que le Speech To Text en langue locale sur des objets connectés, font l’objet de nombreux projets innovants.

Dans les projets connectés, on privilégie les applications mobiles, on ne va pas sur l’internet depuis son ordinateur. Le wifi est rare et le débit cher et limité. Les concepteurs d’application s’orientent vers des applications mobiles embarquées, ne nécessitant pas d’accès à Internet. J’ai vu par exemple émerger un projet de Google home embarqué.