L’éco-responsabilité à la portée de tous

Un projet du groupe de recherche conduit par des élèves de la faculté de design graphique (du 1er semestre) a été finalisé, et il s’agissait de créer une identité de marque pour une coopérative d’une communauté indigène appelée Nasa. Pour l’occasion, j’ai pu les accompagner pour la visite de ce camp et la présentation de leur travail.


Une fois arrivés à l’entrée du petit corps de ferme de la communauté que l’on venait voir, j’ai eu la chance d’être accueillie à bras ouverts par deux petites filles, qui m’ont fait chacune un gros câlin en guise de « Bonjour ».
De même, à l’annonce des étudiants, de ma présence en tant qu’élève d’un échange universitaire avec la France, les habitants furent à la fois si contents et curieux d’en savoir plus sur ce pays qu’ils ne connaissent que par la Coupe du Monde de football, ou des films de Jackie Chan. Ils semblent tous émerveillés par ma venue, alors qu’en réalité c’est moi qui suis très émue d’être aussi bien accueillie chez eux, dans leur quotidien simple, mais rempli d’amour.

« Give, even if you only have a little » – The Buddha

Tout comme dans les pays occidentaux, ou tout simplement dans la majorité des villes des pays du monde, l’artisanat tend à être totalement remplacé par les industries de la consommation de masse.
Ce que la coopérative « Nuevo Amanecer » (Nouvelle aube, en français), a le projet de faire, est de valoriser un savoir-faire traditionnel de la Colombie. Le produit principal de cet artisanat est « el fique », qui est une espèce de plantes de la famille des Agavacées (famille que l’on retrouve dans les régions tropicales, ou arides), dont  les fibres sont utilisées pour la fabrication de sacs à dos.
L’optique de ce groupe de petits artisans, est de continuer à exploiter ce produit local, utilisé depuis la nuit des temps en Colombie, car il s’agit d’un matériel à la fois écologique, résistants et phare.

Bien que cette communauté semble vivre de façon harmonieuse en utilisant les talents de chacun pour s’auto-suffire (élevage, agriculture, …) , la création de cette coopérative, comme nous l’a rappelé le coordinateur en chef, est de renforcer l’économie solidaire en proposant une offre de produits naturels d’excellente qualité , tout en développant et encourageant l’activité des familles et des associations du territoire. Ainsi, le groupe veut faire perdurer l’artisanat colombien, en permettant, par le biais de cette coopérative, de faire diffuser les savoirs et de donner les moyens, à leur échelle, de changer les modes de consommation.

Comme quoi, il n’est pas nécessaire de posséder beaucoup (au niveau matériel) pour penser de façon éco-responsable et d’agir avec bienveillance.

J’ai été très touchée par la motivation de cette communauté indigène pour la promotion par les étudiants de leur future marque artisanale. Certains étaient presque émus par la présentation du logo et de l’identité graphique de la coopérative, qui permettent de « donner vie à un rêve ».
Déjà que leur projet possède une valeur forte de solidarité, et d’éthique, leur cœur n’en est pas moins grand : après maintes embrassades et petits discours de remerciements, nous avons été invité à rester pour déjeuner avec eux. Ce fut un moment de partage très chaleureux, où leur curiosité sur la langue française s’est montrée très assidue. Entre traduction de mots, et explication de coutumes, ce repas fut très riche tant gustativement  que humainement.

Personnellement, j’ai pu apprendre beaucoup de choses en l’espace de cette demi-journée passée au sein de cette communauté indigène Nasa. Tout d’abord, l’hospitalité et la bienveillance en vers l’autre, sont ce qui m’ont le plus marqués ; tous ces sourires qui reflètent la simplicité et la générosité de leur mode de vie. Ensuite, leur préoccupation et leur amour pour les savoir-faires ancestraux de leur territoire est admirable, car il s’agit d’un patrimoine qu’il est important de préserver pour les générations à venir, et pour l’avenir culturel de la Colombie.

Je pense  que l’on a beaucoup à apprendre de ces peuples qui n’ont pas le même mode de vie que  nous. Et même si les mentalités tendent à changer, et que le monde semble se préoccuper de plus en plus à l’adoption d’une façon de vivre plus éthique et responsable, il est important de continuer à s’inspirer des communautés comme celle-ci, qui vivent comme cela depuis le début.

Et si nous essayions de favoriser l’artisanat éco-responsable, pour lutter contre la consommation de masse, et ainsi commencer la valorisation de nouveaux modes de consommation ?