Le fantôme de Colombie : partie 2

La semaine passée, je vous racontais l’engouement qu’avait pu engendrer la période sombre du pays, pendant les années 80/90.
Dans cette seconde partie, nous verrons l’impact qu’elle a eu sur sa mémoire et pourquoi des séries comme « Narcos » sont-elles boycottées.

Mais d’abord, si vous n’avez pas lu ma première partie, je vous ordonne de le faire avant de ne lire celle-ci.

Cordialement.


« Tu l’as vu la série Narcos sur Netflix ?? »
Quand je demande à mes amis s’ils ont vu la série, tous me répondent non car le teaser leur avait suffit pour comprendre que cette série n’était rien d’autre qu’une insulte à leur histoire et aux victimes. De plus, celle-ci contient bien trop d’incohérences par rapport à la vérité et ne représente pas l’authenticité du pays, si ce n’est que la série soit bel et bien tournée en Colombie. Toutefois, l’histoire a été trop américanisée et les acteurs mal choisis. Par exemple, l’acteur jouant le rôle de Pablo Escobar n’est en réalité pas colombien mais brésilien. Du coup, nous, nous ne l’entendons pas mais il possède un accent lorsqu’il parle espagnol, de quoi faire hérisser le peu de poils qu’ont les colombiens. 

« Colombia no es Pablo »

Mon ami Juan David, de Medellin, m’expliquait que dans sa ville, les touristes ne venaient presque que pour ça. L’attraction touristique se faisait en grande partie pour la visite des maisons, immeubles, quartiers, ayant appartenu au cartel de Medellin. Des musées et t-shirts ont été faits à l’effigie de Pablo Escobar, et des visites guidées ont lieu chaque jour. C’est une véritable honte pour eux, m’expliquait-il, mais pourtant, c’est en partie grâce à ça que se crée l’économie de la ville.

Juan David m’expliquait également que malgré ce « fanatisme » touristiques; des politiciens, militants et citoyens souhaitaient faire changer petit à petit cette image de « Pays de la drogue » et valoriser d’autres aspects bien plus élogieux, tel que l’incroyable biodiversité du pays, en commençant par détruire tout ce qui a pu appartenir à leur sombre passé, comme par exemple, le 4 avril dernier, la destruction de l’immeuble « Monaco » de la famille Escobar.

« Nous sommes certes les premiers exportateurs de cocaïne au monde mais nous en sommes, contrairement à ce que vous pensez, les derniers consommateurs ».

C’est ce que me racontait mon camarade Jose, lorsque nous en discutions autour d’un verre de guarapo. En effet, cette période a été un tel traumatisme pour les colombiens qu’aujourd’hui, consommer de la drogue est très mal perçu.