Jour moins dix-neuf.

La fin approche mais l’aventure n’est pas terminée.
J-19 avant de rentrer au bercail et rejoindre la team des aisselles humides, qui en ce moment, s’arrache les derniers ventilateurs disponibles chez Boulanger.

Alors que les jours se comptent et que la nostalgie fait surface, impossible pour moi de ne pas être un tantinet enthousiaste à l’idée d’achever cette belle aventure pour en débuter une nouvelle. En effet, si pour mes autres confrères/soeurs de compagnonnage, le retour à la capitale sera sans transition, pour ma part, j’ai décidé de rester quelques semaines supplémentaires, accompagné de mon meilleur ami, pour aller visiter un peu le continent d’Amérique Latine. D’abord le Pérou, ensuite la Bolivie puis enfin le Brésil. À croire que mon corps et mon esprit ne sont pas encore prêts à affronter le métro et ses milliers de parisiens et touristes, entassés telles des sardines en boite, comme le chante si bien notre ami Patoche, bras tendus, poings fermés, accrochés à la barre métallique (à présent luisante tant le nombre de mains moites s’y sont agrippées) située à 2cm de la tête de Christelle, 45 ans, responsable du rayon cosmétique de chez Sephora depuis 11 ans, actuellement en train de battre le record du monde d’apnée dans une rame de métro, afin de ne pas respirer l’odeur salée qui se dégage des aisselles de Thierry.

Vous l’aurez compris, rentrer n’est pas dans mon état d’esprit actuel. Toutefois, il le faudra bien un jour et c’est pourquoi je décide de profiter de chaque instant passé ici en ne cessant de me dire des choses, parfois absurdes, comme « Profite de cette pelouse, tu ne la reverras plus d’ici 2 semaines.« , ou encore « Et dire que je ne reverrais certainement plus ce marchand de glace, chez qui je ne suis jamais allé d’ailleurs. Faudrait peut-être que j’y passe un jour avant de partir. »
Un rien me rend à présent nostalgique et je suis certain de ne pas me tromper en affirmant que notre collègue de Côte d’Ivoire et nos amis, nos rivaux, nos connaissances, les étudiants de Paris 8 en compagnonnage en Chine, savent totalement de quoi je parle. Si vmvs (vous mêmes vous savez) ce qu’est ce sentiment de nostalgie dont je vous ai parlés au-dessus, je vous invite donc à répondre à ce sondage que j’ai créé pour l’occasion : Bonjour ceci est un sondage.


En attendant, je n’ose imaginer ce qu’il en sera lors des despedidas (les adieux), le 15 juillet, lorsque nous quitterons cette grande maison à 2 étages, dans laquelle nous vivons depuis presque 4 mois et que nous payons le triple du prix moyen des loyers ici à Popayán, car nous avons le luxe d’y posséder un four, une machine à laver, de l’eau chaude illimitée, une vue imprenable sur la ville et son couché de soleil, une femme de ménage 2 fois par semaine, 2 salles de bain, dans un quartier sécurisé et situé en plein centre.

Qu’en sera t-il également, de ce restaurant, à deux pas de chez nous, où nous nous rendions tous les midis pour y manger notre mazamorra préférée (entrée à base de lait, de maïs soufflé et de sucre de panela), avec une assiette remplies de protéines (riz, haricot, légumes, épinards, frites) car nous étions les seuls clients relous à ne pas manger de viande, accompagné non pas du jus de fruit du jour qu’ils servent à tous les clients, mais d’un simple verre d’eau que nous n’avions plus besoin de demander car désormais les serveurs nous connaissaient tous, et tout ça, pour moins de 2 euros.

Qu’en sera t-il de Luis, le Portier de l’Université, que nous croisions quasi chaque matin, et qui chaque matin, nous demandait notre carte étudiante que nous n’avons, à ce jour, toujours pas mais qui arrivera certainement en un ratito (dans un petit instant), bien que cela fasse plus de 3 mois que nous l’attendons (oui car ici, il faut savoir être patient. Surtout, PAS DE PRESSION). Mais bon, elle nous sera certainement donnée lorsque l’on partira.

Qu’en sera t-il de ces délicieuses tartes faites maison à 1€, que nous seuls mangions tous les jours, dans ce petit Hostel. Qui prendra la relève pour les terminer avant qu’elles ne périment, lorsque nous serons partis ?

Qu’en sera t-il aussi de tous ces mercredis soirs, devant mon ordinateur, réfléchissant au thème de mon prochain article et à la manière dont je vais pouvoir répondre aux attaques cachées de celui dont on ne doit pas prononcer le nom car ça serait rendre ce message subtile en un message totalement clair ce qui perdrait de son humour ?

Plein de questions auxquelles je répondrais le jeudi 11 juillet, lors de notre prochain et dernier rendez-vous hebdomadaire.
Eh oui, « prochain », car sachez que pour vous remercier de votre fidélité depuis près de  4 mois, j’ai décidé que je ne publierai pas d’article la semaine prochaine car je souhaite laisser vos paupières se reposer un peu. Nous vous devons bien ça !
Presque 4 mois à lire tous les jours des articles sans jamais vous reposer, ça n’est humainement pas possible. Et puisque c’est un détail sur lequel mes camarades ne se seraient jamais attardés, tant leur humanisme est si peu présent au fond de leur cœur, j’ai décidé de me sacrifier. Ne me remerciez pas, c’est normal.

Bonne fin de journée à vous et à dans deux semaines !