Say hello to my little friend !

Sounds of Beijing -> Chaque mercredi, nous vous proposons la musique qui a rythmé notre semaine afin que vous puissiez l’écouter en lisant nos chroniques, et ainsi vous plonger dans nos aventures. Pour cette quatorzième semaine, et puisqu’il est question d’amitié, nous avons choisi de mettre en avant une jeune chanteuse pleine d’entrain : 咯日 (en PinYin : « Lo Ri »). Dans la chanson choisie, elle déclare sa flamme à sa plus proche confidente en lui expliquant pourquoi elle est sa 最好的朋友.

 

Comme l’a toujours répété le célèbre philosophe Julien Mari : « la vie c’est comme un quad en Y ; plus t’accélères et plus tu t’approches de la fin ». Et force est de constater que ce postulat s’applique à notre situation. Alors que nous commençons tout juste à trouver notre place dans le microcosme pékinois, nous sentons déjà arriver le clap de fin. Pas tout de suite évidemment, mais notre heure s’approche lentement mais sûrement. Face à cette situation, plusieurs réactions sont possibles : alors que Thibéry gère méticuleusement les circonstances de son retour, Kimberley a opté pour la stratégie de l’autruche et refuse que l’on mentionne la fatidique date … mais qu’en est-il de votre narrateur préféré (et toujours aussi modeste) ? La réponse se trouve également dans les textes sacrés de Saint-Jean-la-Puenta : « Un vol retour c’est comme une moto-cross débridée, plus tu y penses et plus ça arrive vite ». On ne saurait donner tort à ce penseur majeur du XXIème tant cette citation est emprise de réalité. Pourquoi penser au vol retour s’il n’y a pas de retour prévu ?

Evidemment, je vous vois venir. « Ouais il faut un visaaaaa », « ouais il faut un logemeeeeeent », « ouais il faut savoir réciter l’alphabet à l’enveeeeeers »… À ces quolibets, votre rendez-vous du mercredi répondrait par une métaphore : Franklin savait lacer ses lacets alors qu’il n’avait pas de chaussures ; Gilles Gabriel était flou d’elle alors qu’il n’était pas une vitre ; pourquoi lui, l’homme à la bienveillance légendaire, ne pourrait-il pas accomplir de grandes choses ? Bien sûr il est encore trop tôt pour y penser, mais une fois la soutenance de rapport d’expérience passée, un retour en territoire mandarin pourrait être une bonne décision.

Rassurez-vous, nous n’en sommes pas encore là. Et à l’aube de notre dernier mois de compagnonnage, l’heure est plutôt au positivisme. Conséquence directe de l’arrivée d’une quatrième roue à notre carrosse français en exil, il nous arrive de plus en plus souvent de repenser à notre ancienne vie en fuseau horaire ITC +2. Nos amis, notre chat Cookie, le saucisson … autant de choses qui nous manquent et pour lesquelles nous vendrions pères et mères, et autant de conversations partagées autour d’un bol de riz à emporter dans l’amphithéâtre du campus. Mais aujourd’hui, c’est le premier sujet énoncé qui nous intéresse : laissez-moi donc vous présenter notre « Tour du monde de l’amitié – Vous les frères que je n’ai jamais eu ».

Episode I – France

Notre Iliade des potes commence par une pensée émue à tous ceux que nous avons laissés à quai. Tous ces gens qui faisaient notre quotidien à Paris ou ailleurs et qui ont dû se reconstruire petit à petit lorsque nous les avons lâchement abandonnés pour jouer les Marco Polo. A Belfort, à Aix-en-Provence, à Nantes, à Lyon ou à Nancy ; tant de cœurs brisés qui attendent de voir leur téléphone sonner pour enfin avoir de nos nouvelles. Malheureusement, si les expériences vécues avec chacun d’eux furent toutes aussi fortes les unes que les autres, il faut se rendre à l’évidence : plus rien ne sera jamais comme avant. Nous ne serons plus jamais les trois jeunes français pleins d’insouciance et persuadés que l’anglais peut aider dans tous les pays du monde. De la même façon, le trio qui s’émerveillait devant la vue des Buttes Chaumont appartient désormais au passé depuis que le Mont Congyuan est passé par là. Non, décidément il faudra se réinventer et trouver de nouveaux sujets de discussions pour occuper les matinées une fois nos séances de Tai Ji Quan quotidiennes ( #MiracleMorning ) effectuées.

Préparez-vous donc, chers amis, à nous retrouver transformés. Plus rien ne sera jamais comme avant, mais c’est peut être ça qui est intéressant. «Fuis-moi j’te suis, elle j’la suis elle m’fuit pas », comme l’aurait parfaitement résumé Julien Mari, notre désormais poète préféré.

 

Episode II – Europe

Le final countdown de notre aventure pékinoise s’approchant à grand pas, il est important de penser également à tous ces amis que nous ne retrouverons pas en rentrant chez papa-maman. Tous ces gens qui ont oublié ou qui n’ont jamais connu les joies du vendredi soir passé devant Le plus grand cabaret du monde. En bref, les étrangers et expatriés comme nous qui ont quitté notre beau pays pour visiter l’Europe tant qu’il est encore temps.

Parmi eux, on compte évidemment des résidents Lituaniens, Allemands et Belges, puisque ces pays ont été jadis le théâtre des exploits de certains d’entre nous. Mais les français n’exportent pas que leur vin : nous avons donc également des connaissances parties trouver le bonheur aux quatre coins du continent. Au pays de Dante pour les plus gourmands, chez Manuel Valls pour les plus fêtards, et au pays de la pluie et des fish and chips pour les futurs mariés. La richesse culturelle de notre Europe est telle que la plupart des chinois ne comprennent pas comment tant de différences sont notables entre voisins alors même que la distance entre Paris et Londres est à peine supérieure à celle séparant Beijing de Shijiazhuang (si vous n’avez pas reçu le mail de Thibéry lundi dernier, je vous invite à le lire ou le relire).

 

Episode III – Monde

Et enfin il est temps de mentionner les plus internationaux de nos amis. Ceux qui se la coulent douce à la frontière libérienne, ceux qui stressent pour l’écriture du rapport d’expérience dans un bar colombien, et bien évidemment ceux qui nous accompagnent au jour le jour dans notre aventure chinoise. Comment ne pas mentionner Hanna et Clarisse (la quatrième rou[ss]e du carrosse mentionnée plus haut), toujours partantes et positives même lorsqu’il s’agit d’aller dans la ville la plus polluée de Chine ? Comment ne pas parler de Minsi, Susy, Vivi, Xizi, Lila, Jay et Frank, qui nous font découvrir la Chine par le sol, même quand cela implique de retourner au Summer Palace pour la sixième fois ? Et Hanchao et Wangwei sans qui nos contacts humains dans l’entreprise se limiteraient à des sourires ? Comment oublier Jady et Nancy, toujours là lorsqu’il s’agit d’avoir des bon plans ou des entrées gratuites dans les expositions les plus huppées de la capitale ? Et bien sûr l’ensemble des étudiants internationaux de BIGC qui nous sourient dans l’ascenseur et nous gardent prisonniers de leurs histoires les soirs où nous voulons rentrer dormir tôt ?

Pour tous ces gens qui nous entourent et nous soutiennent au quotidien, nous n’avons qu’un message : merci ! 谢谢 ! gracias ! sedün d’nes ! спасибо ! Dankjewel !

Et pour vous chers lecteurs, merci d’être encore là après tout le chemin parcouru. Nous n’avons pas oublié nos débuts, lorsque nous écrivions nos articles sur des calepins et que chaque vue comptait. Mais malgré notre ascension fulgurante, sachez que nous restons les mêmes. Et pour vous le prouver, nous vous avons concocté un nouveau format unique et innovant : retrouvez nous lundi pour savoir de quoi il s’agit.

A bientôt !