Faire des bébés (plein !)

Sounds of Beijing (faisant référence à la chanson de Simon & Garfunkel qui s’appelle « Sound of silence » et à « Beijing » qui est le nouveau nom officiel de Pékin) – Chaque mercredi, nous vous proposons la musique qui a rythmé notre semaine afin que vous puissiez l’écouter en lisant nos chroniques, et ainsi imaginer nos aventures. Cette semaine, la chanson que vous pouvez écouter en cliquant sur ce lien hypertexte parle de Chengdu, une très jolie ville de la Province du Sichuan, qui a vu naître un chanteur des plus respectables : Zhao Lei. Bonne écoute !

J’aime le pays de la Chine.

Et comme je l’aime, j’ai envie de vous parler de ses habitants : ils sont vraiment très sympathiques ! Avec plus de 1.473.273.922 (un milliard quatre cent soixante-treize millions deux cent soixante-treize mille neuf cent vingt-deux) habitants, selon le site Chine-Information, la Chine reste le pays le plus peuplé de la planète. Cependant, la population chinoise a entamé une phase de décroissance historique : depuis un petit peu plus d’un an (quinze mois environ), le nombre d’humains qui naissent est inférieur au nombre d’humains qui meurent dans le pays de la Chine. C’est triste.

Les raisons de cette triste nouvelle sont : l’augmentation du niveau d’études moyen (car les gens qui font des études, n’ont souvent pas le temps de faire des enfants, c’est logique) ; la fin de la politique de l’enfant unique (la politique de l’enfant unique est une politique mise en place par le gouvernement du pays de la Chine en 1979, qui visait à limiter le nombre de fois où les habitants de la Chine avaient le droit de se reproduire. Même si elle a été stoppée en 2015, cette politique continue à influencer les jeunes) ; et d’autres raisons comme la pollution qui ont fait augmenter le nombre de personnes non-fertiles (la fertilité est la capacité pour un être vivant à se reproduire. Si une personne est non-fertile, cela signifie qu’elle ne peut plus donner la vie).

Selon les statistiques prévisionnelles, le pays de la Chine pourrait donc avoir sa population divisée par deux en l’espace d’une cinquantaine d’années si la tendance se confirme. Cela serait embêtant pour ce beau pays car l’économie chinoise est également basée sur une solide agriculture. Or, si les gens continuent à faire plus d’études et à moins se reproduire, qui va travailler dans les champs ? (Ne répondez pas à cette question, c’est ce qui s’appelle une question de principe : c’est une technique de communication qui vise à remporter l’adhésion de son auditoire en posant une question dont la réponse est évidente et connue de tous).

En réaction à ce phénomène de chute de la natalité (la baisse du nombre de bébés qui naissent), plusieurs solutions existent. Le pays de l’Allemagne qui a connu le même problème a par exemple simplifié l’installation d’étrangers dans son pays. De cette façon, la population allemande a pu se renouveler tout en se diversifiant, ce qui est bien je trouve. Une autre technique existe et a été testée par le pays du Japon qui rencontre le même problème que le pays de la Chine. Les japonais ont construit des robots en forme de bébés pour motiver les hommes et les femmes à se reproduire. Ainsi, le constructeur automobile japonais Toyota propose aux couples d’emprunter un bébé robot qui réagit comme un vrai bébé pendant une petite période (pas très très longue) pour avoir une idée de ce que ça fait de vivre avec un bébé. Cependant, si vous voulez mon avis, c’est quand même pas pareil.

J’ai donc eu une idée. Pour relancer la production de gens, il suffirait d’organiser un genre de festival dans lequel on rassemble tous les gens beaux du pays (comme Coachella mais sans les adolescentes attardées). Puis lorsqu’ils s’amusent tous ensemble entre gens beaux, on les endort et on leur extrait leur ADN de gens beaux. De cette façon on devrait être capables de créer énormément de gens beaux d’un coup grâce à la technologie !

Une idée prometteuse, qui n’a malheureusement pas convaincue le comité de direction de l’hôpital Xiqiao de Chengdu. Eux qui avaient engagé Sis’goin Technology (l’entreprise dans laquelle nous faisons notre stage ici à Pékin, Chine) pour gérer la scénographie de leur nouveau Musée de la reproduction, et nous avaient chargés de trouver des idées pour « motiver les gens à se reproduire », ont sans doute été refroidis par l’aspect un peu cutting-edge du festival. C’est dommage, car ce plan fonctionne à merveille dans Austin Powers.

Quoi qu’il en soit, le pays de la Chine a un problème et nous avons essayé de leur apporter notre expertise en termes de production d’enfants. De la même façon que les américains ont exporté le Fordisme à l’international, peut-être les français pourraient-ils diffuser leur savoir-faire dans ce qu’ils font de mieux : les répressions policières et les enfants. Et pour cela, la Chine a déjà fait la moitié du chemin. (Attention double sens ! Cette blague utilise la technique du sous-entendu pour faire référence aux violences policières qui ont eu lieu en France et à Hong-Kong depuis deux semaines, tout en jouant sur le fait que la Chine utilise nos compétences françaises pour relancer sa natalité)