Échanges linguistiques

Depuis notre arrivée, nous vous partageons nos découvertes et nos rencontres, nos petites anecdotes et nos grands moments. Que ce soit lors des cours, ou d’un repas, au parc impérial, ou au gymnase, tous ces récits sont marqués par un élément, qui n’est pas banal lorsque nous sommes loin de notre langue natale : l’échange. Qu’il soit avec les étrangers ou les autochtones, c’est une grande histoire à chaque interpellation. Mêlant et démêlant les langues, il n’est pas simple lorsque nous maîtrisons que très peu le langage du pays. Pour parvenir à nos fins, nous avons développé plusieurs méthodes qui sont plus ou moins abouties.

Les joies de la technologie

Notre premier outil ? Une application. Au cœur des domaines du numérique, nous ne pouvions passer à côté des avantages de la technologie. Mêlant écriture, prononciation, compréhension orale et expression écrite, l’application donne un outil compact et transportable partout pour apprendre le chinois rapidement. Elle permet d’acquérir grâce à 123 leçons la connaissance de 301 sinogrammes, et 528 termes. Pour vous donner une estimation, le chinois courant nécessite la connaissance de 3000 signes. « wŏ bù shì bàba » signifiant « Je ne suis pas le père » semble être la première phrase essentielle à connaître pour tout apprenant qui se respecte. Est-ce utile ? En voilà une très bonne question.

Normalement destinée à un unique utilisateur, cette application nous permet toujours de créer des liens avec les personnes qui nous entourent. Durant nos heures de transports quotidiennes, différentes scènes peuvent prendre place grâce à elle : des sourires s’esquissent sur les visages à la vue des étranges phrases sur l’écran, des enfants nous accompagnent dans les exercices, ou des adultes corrigent nos prononciations.

En application

Désormais, nous avons assez de vocabulaire pour passer notre commande au restaurant. Sûrs de nous, nous demandons notre repas avec une grande clarté et un accent pékinois des plus fidèles. La serveuse nous regarde l’air concentré. Nous la fixons avec fierté en attendant sa réponse. Elle s’apprête à ouvrir la bouche. Nous écarquillons les yeux. Dans un débit bien éloigné des musiques découvertes chaque mercredi, la serveuse nous répond dans une langue qui nous est à nouveau inconnue. Malgré trois semaines en immersion totale, le résultat reste un échec. Nous utilisons alors la méthode habituelle : pointer du doigt ce qui nous plait tout en souriant.

Un mal pour un bien

Arrivant en cours de semestre, nous n’avons pas la possibilité d’accéder aux cours de chinois proposés pour les étudiants étrangers par l’université BIGC. Par ailleurs, nous avons la chance de côtoyer des personnes natives tout au long de la journée. Loin de la voix robotique provenant de l’application, ce sont celles de nos camarades de classe qui aiguisent nos oreilles aux sonorités chinoises. En effet, la Chine à l’image de la France possède de multiples accents, plus ou moins simples à comprendre. Il existe plus d’une cinquantaine d’ethnies, créant tout autant de divergences linguistiques. Nous tentons tant bien que mal de comprendre la différence entre les quatre tons de prononciation qui rythment les phrases mélodiques de nos amis. Entre « māo » (chat) et « máo » (poil), il y a qu’un poil qui change. Sachez donc qu’un seul mot mal prononcé peut vous faire dire l’opposé de votre pensée.

À chacun sa méthode

Comme expliqué au cours du premier article, nous vivons donc dans un bâtiment pour les élèves internationaux. Népalais, pakistanais, indiens, libériens, camerounais, et français sont donc voisins de palier. Pour quatre mois ou pour cinq ans, nous avons tous l’envie de comprendre et de se faire comprendre en dehors de notre groupe. Parmi nous, beaucoup ont fait le choix de ne maitriser que la compréhension et l’expression orale, car la lecture est très compliquée. Le secret pour y parvenir ? Comme toute activité, il faut la pratiquer.

Donnant-donnant

Ainsi, il est habituel de demander la traduction de certains mots afin de développer notre vocabulaire. Pour se faire, anglais, chinois et français résonnent dans l’air. Bien que nous ayons la chance de côtoyer des personnes maîtrisant l’anglais, il n’est pas courant chez les adultes de parler cette langue avec fluidité. Ces échanges sont alors des opportunités de développer nos connaissances dans l’apprentissage et dans l’instruction de façon légère et amusante. En effet, la volonté d’apprendre est partagée par nos amis chinois qui sont curieux de découvrir le français. Sur le chemin des cours, lors du repas, autour d’un café, ou assis à un bureau, nous pouvons alors nous glisser le temps d’un cours dans la peau d’un professeur.