De nouvelles habitudes

Après ce week-end reposant au sein de la campagne chinoise (si bien décrite par Raphaël mercredi), nous nous sommes lancés dans une nouvelle aventure pékinoise : le stage. À la fois attendue et redoutée, cette deuxième étape de notre séjour bouscule les habitudes que nous avions installées.

Le bain du métro

Dès sept heures du matin, la ville est déjà en pleine effervescence. Sis’goin Technology se situant à une trentaine de kilomètres de notre campus, nous avons alors troqué nos cinq minutes de marche matinale contre un agréable trajet d’une heure et quart dans le métro pékinois. Bien que nous soyons habitués à ce moyen de transport, nous y découvrons un peu plus chaque jour de nouvelles possibilités physiques. Ici, La ligne 4, plus proche de la ligne 13 parisienne que des transports en commun d’Abidjan, n’échappe pas au mythique rush matinal. Les travailleurs se pressent dans les couloirs pour accéder à l’une des seize lignes disponibles. À notre station de départ, les critères d’exigence baissent : le Graal n’est plus la place assise mais simplement deux pieds dans une rame. Pour ce faire, déposez votre espace vital devant la porte d’accès et entrez en suivant la vague. Il est étonnant comme un corps possède d’extraordinaires capacités de compression et de contorsion.

Les locaux

Entre quelques tours vertigineuses, franchissez un portail métallique rouge et vous voilà au cœur d’un ensemble de petits immeubles aux briques grises. Autour de nous se trouvent une dizaine d’autres entreprises. Parcourez quelques allées étroites, observez ces bâtiments à deux ou trois étages, enviez le propriétaire du véhicule de couleur rose laqué, sentez la délicieuse odeur de viande provenant de la cantine, et après quelques pas, vous voilà devant le lieu qui nous accueillera durant les trois prochains mois. C’est au dernier niveau d’un bâtiment à deux étages que nous prenons rapidement nos marques.

Les réunions de présentation

Afin de rencontrer l’équipe composée d’une vingtaine de personnes, ce n’est pas une mais trois réunions qui ont eu lieu tout au long de cette première semaine. La réunion auprès du département multimédia a posé les bases du schéma de fonctionnement des suivantes. Dans une petite salle aux murs blancs, nous sommes assis face à notre supérieur et à ceux qui deviendront nos trois tuteurs de stage. Jonglant entre français, anglais et chinois, nous essayons tant bien que mal de saisir toutes les informations. Le manque de compréhension peut amener des problèmes dans la communication, notamment en créant une atmosphère où le silence et la gêne sont de mise. Afin de compenser la présence d’un traducteur officiel, ce sont nos applications téléphoniques qui ont pris le rôle d’interprète : pour le meilleur comme pour le pire.

Entre les présentations respectives de tous les participants, une explication sur le fonctionnement du stage et sur nos futures missions, un blanc est apparu. Ces quelques secondes ont semblé aussi longues que les minutes de danse de Quentin. « Non, fermez-là. » venait d’apparaitre sur l’écran de notre supérieur après une phrase des plus basiques de notre part. Nos yeux se sont écarquillés. Un fou-rire a éclaté, la gêne avait disparue, laissant sur le visage des participants des sourires amicaux.

Ambiances de travail

Principalement rattachés au département Multimédia, nous avons l’opportunité de travailler sur des missions en lien avec le département Design. Pour chaque projet, un responsable se charge d’attribuer les tâches selon les compétences des employés. Par ailleurs, à la différence de la France, ils ne semblent pas préparer sur le long terme mais agissent à l’instant T, engendrant des répercussions sur les heures de travail. Bien loin de nos 35 heures, il est courant pour nos collègues d’effectuer des journées de douze heures, samedi et dimanche inclus. Malgré ça, c’est toujours avec le sourire que nous voyons nos collègues autour de la machine à café et de la fontaine d’eau bouillante.