Prendre le thé

Crise de diabète

La Chine possède une multitude de boissons extraordinaires. Des sodas internationaux au jus de fruits typiquement chinois, nous ne manquons pas de découvrir ou redécouvrir de nouvelles saveurs à chaque nectar, poursuivant nos aventures culinaires des premiers jours. Toutes différentes, elles possèdent pourtant un point commun qui n’est pas des moindres. Oubliez l’amertume du cacao, ou l’acidité du Pulco et laissez place à une unique saveur sucrée. À chaque gorgée, ce n’est pas seulement une explosion de saveurs dans votre bouche, mais aussi celle de votre taux de glycémie dans votre corps.

Un manque à combler

Une fois l’hypoglycémie disparue, une autre absence se manifeste. Habituellement perfusés à la caféine dès que nous sentons les rayons du soleil effleurer notre peau, nous essayons tant bien que mal de nous sevrer de cette douce drogue. Le goût du café noir fraîchement coulé s’évapore peu à peu de nos mémoires. Loin de nous est l’époque où, entre dans les rayons du supermarché, nous pouvions choisir entre « en grain » ou « moulu », arabica ou robusta. Désormais, ce sont de douceâtres dosettes Nescafé en poudre qui nous ramènent à la réalité. Dans les rues, les lieux proposant des cafés semblent pourtant fleurir de plus en plus, mais les prix y sont bien plus élevés que la qualité gustative.

Une nouvelle addiction

Bien heureusement, pour soigner cette blessure à vif, le thé est là pour nous réconforter. Emblème du pays, il est omniprésent dans la culture et dans les rayons. Vert, jaune, blanc, noir, Oolong ou Longjing, il y en a pour tous les goûts. En bouteille, il ne déroge pas à la règle : n’espérez pas vous hydrater, le sucre semble être en plus grande quantité que le thé lui-même. Chez les vendeurs de boissons, il sera décliné chaud et froid, avec ou sans accompagnement : crème, lait, et petites boules en gelée agrémentent ce breuvage pour le plaisir des papilles.

Marché du thé

Dans le district de Xicheng 西城, littéralement « Ouest de la ville », se trouve le lieu sacré de tout adepte. Dans les rues, de grandes arches décorent la route et permettent aux visiteurs de se rendre chez les marchands de thé, principalement regroupés au sein d’un grand centre commercial. Bien loin du marché de la soie, c’est un endroit calme et apaisant prenant place sur quatre étages. Les magasins, ressemblant plutôt à des stands, présentent les différents ustensiles nécessaires à une dégustation parfaite. Les jarres remplies de thé, les théières et services de thé se partagent l’espace sur les étals en verre.  Les vendeurs sont installés à table et apprécient tranquillement leurs produits. Les quelques clients déambulent en suivant le rythme ambiant et sont invités à découvrir la cérémonie du thé.

La cérémonie

Bien plus qu’un simple breuvage, c’est une véritable institution sociale et culturelle qui transforme cet instant de plaisir en véritable cérémonie. Pour le boire, il existe une pratique particulière : le Gong Fu Cha, signifiant « prendre le temps pour le thé ».

Assis à la table de la vendeuse, nous l’observons attentivement. Elle pose devant nous deux tasses transparentes de la taille d’une balle de ping-pong. En face d’elle, se trouve une étrange plaque en pierre, sur laquelle repose une théière et un pot à thé en verre. Creux par endroit, nous comprenons rapidement l’utilité de ce support.

Raffinés, les mouvements devant nous, s’enchaînent jusqu’à créer une véritable chorégraphie. Ses mains saisissent et déposent les objets autour d’elle : les feuilles de thé sont au fond du pot, l’eau se verse dans la théière, chaque ustensile est rincé. L’eau remplit peu à peu la plaque en pierre et la théière. Avec rapidité et délicatesse, la femme prépare en quelques instants un thé fortement concentré.

Une fois versé dans nos tasses, chacun peut déguster cette délicate boisson, et en apprécier toutes les subtilités. C’est le moment de prendre le temps pour le thé.