Croyances colombiennes

« Touche ton front tu vas m’attirer le mauvais oeil » !
Les croyances, les mythes, les légendes, ou juste les histoires de bouche-à-oreille, sont courantes dans tous le pays du monde. Si en France on touche du bois pour éviter que nos paroles maladroites ne se réalisent (ou le front si on n’a pas la possibilité d’en trouver, oui au moins le front il est toujours là, et ça c’est malin), ou bien on fait un voeux quand on achète un bracelet à la plage, en Colombie, on a le droit à d’autres croyances d’un tout autre niveau.


Pour énumérer quelques superstitions colombiennes, il est important de rappeler que Popayán est ville très chrétienne, plus précisément catholique, même si quand même beaucoup ne sont pas pratiquants. Une bonne partie des locaux est tout de même très attachés à leur religion, et les églises sont en effet remplies tous les soirs. Néanmoins, ici, ils ont aussi très peur des mauvais sors, et tout autre malédiction qui sont d’après eux très courants.

La magía negra

Il existe en Colombie, des personnes adeptes de sciences occultes, qui sont des croyances condamnées par le christianisme, mais qui arrivent à gagner des fidèles car elles sont vues comme le remède facile et rapide, aux désirs (bon ou au mauvais) et également contre la malchance.
De ce fait, beaucoup de gens préfèrent rester vigilants, et s’assurer d’être protégés contre toute sorte de sorcellerie.

Porter des bijoux en or ou en argent préviendrait contre les malédictions.
Petite anecdote (pas très sympathique) : une amie m’a raconté qu’une fois son collier en or s’est cassé en morceaux sans aucune raison, alors qu’elle marchait dans la rue, et que cela signifiait qu’une personne lui voulait vraiment du mal. Inutile de préciser qu’elle est rentrée chez elle en courant.

Embaumer l’intérieur de sa maison d’encens, appelé Sahumerio.
Deux fois par an, à la fin de l’année et lors de la Semaine Sainte, les colombiens ont l’habitude brûler de l’encens et d’en répartir la fumée dans toute les pièces de leur foyer pour « purifier la maison » et ainsi éloigner les énergies négatives.

Porter un bracelet orné d’une pierre de jais, appelé Azabache, ou pierre noire

protectrice.

Autre petite anecdote (sympathique cette fois-ci) : j’ai accompagné cette même amie (celle du collier en or), pour qu’elle puisse s’acheter un bracelet de Azabache. Après avoir choisi celui qui lui plait, la vendeuse a procédé  à un petit rituel avant de lui donner son achat.

Tout d’abord elle a enduit son bracelet d’un liquide, comme une huile parfumée, en lui demandant son prénom. Elle a ensuite récité des bénédictions, en lui souhaitant toute sorte de bonnes choses dans sa vie, et surtout la protection à toute force du mal, en particulier le « mal de ojo ». La cliente doit ensuite attendre le lendemain à minuit avant de pouvoir mettre le bracelet, et seulement sur le poignée ou la cheville droite, en récitant 3 voeux.

Comme la marraine la bonne fée du conte de Cendrillon l’aurait sûrement aussi précisé si elle était colombienne, si le bracelet se rompt, il faut tout de suite revenir en reprendre un, sous peine d’être trop vulnérable aux mauvais esprits.

 

Mais qu’est-ce qui effraie le plus les colombiens même les plus croyants, entraînant toutes ces pratiques ?

« El mal de ojo », soit le mauvais oeil en français, et autrement dit les choses mauvaises souhaitées par autrui, à notre propos. Celui-ci peut-être porté par une personne qui a demandé l’aide de sorciers ou chamans, afin d’agir sur la vie de quelqu’un, comme un amour forcé, ou autres intentions malveillantes. De ce fait, une des choses les plus courantes, est que les mères empêchent au maximum leurs nouveaux-nés d’être vus durant les premiers mois, par d’autres personnes, de peur de ce mauvais oeil.


Bonus
: Il existe aussi des pratiques divinatoires utilisées par certaines personnes pratiquant la sorcellerie, qui consistent à interpréter des dessins apparaissant au fond de tasses de chocolat, technique permettant de lire l’avenir.
Ça ne vous rappelle pas quelque chose ? (indice : coucou le sinistros 🐺).

 

En plus de toutes ces croyances, ici en Colombie, beaucoup sont sûrs de l’existence du karma, et donc de l’idée de ne pas faire aux autres ce qu’on ne voudrait que l’on nous fasse. Au-delà du fait qu’on puisse y croire ou non, c’est tout de même une bonne occasion de se rappeler que, quoique l’on fasse :

« On récolte toujours ce que l’on sème »