Aventures culinaires

Voilà plus d’une semaine que nous sommes à Pékin. Depuis notre arrivée, tout se vit comme une première fois : notre premier check-in d’entrée, notre première visite du campus et notre première commande. En début de semaine, Thibéry a abordé le premier repas au restaurant sans nos guides et amis chinois. Passé à une heure tardive, l’échange pouvait être qualifié de « dialogue de sourds ». Raphaël, quant à lui, a brièvement expliqué la composition de la cantine sur le campus, vous permettant d’obtenir une vue d’ensemble du lieu : trois étages, regroupant deux selfs, une cafétéria, et un restaurant.

Ici, chaque sortie culinaire reste une expérience à part entière.

Sympathie, rapidité et efficacité

Bien que nous commençons à user le sol des différents étages ou restaurants, nous nous sentons toujours aussi seuls face aux serveurs et cuisiniers derrière les présentoirs.

Une grande pièce au carrelage brillant, des écriteaux lumineux reprenant les plats proposés, et des sourires joviaux en face : voici la description typique des différents lieux qui nous accueillent.

Service plat
Service d’un plat

Matin ou soir, sympathie, rapidité, et efficacité sont les mots-clés pour les décrire.

Malgré l’afflux lors des heures de pointes que nous connaissons uniquement depuis la reprise des cours, le temps d’attente ne dépasse pas cinq minutes.

Les horaires des repas sont bien éloignés de nos habitudes personnelles : il est d’usage de prendre son déjeuner à partir de 11h30 et son dîner aux alentours de 18h00. D’après nos guides, prendre son repas plus tôt permet de ne pas se coucher le ventre plein.

Peu importe l’endroit, l’application de discussion instantanée Wechat reste omniprésente. Elle permet de commander et majoritairement de payer, limitant l’échange de monnaie physique et accélérant le processus de commande. Scannez le QR code devant vous, et tout est réglé. Restez sans accès au moyen de paiement via l’application et votre monde s’écroule. La solitude prend place, il faut désormais comprendre le montant final. Calmes et patients, les serveurs et cuisiniers prennent le temps de nous comprendre. Bienveillants, les clients n’hésitent pas à prendre le rôle de traducteur entre deux bouchées.

Peu importe l’heure, nous avons seulement le temps de nous asseoir que les plats sont prêts à être mangés.

Des habitudes gustatives

Les spécialités chinoises sont composées de nouilles, de riz, et de plats en sauce. On trouve également les fameux raviolis « jiaozi » ou encore les « Baozi », petits pains fourrés, tous cuits à la vapeur.

beijing baozi
Baozi : petit pain fourré cuit à la vapeur

Parmi les choses inhabituelles, les racines de lotus ou encore la boisson de riz dans l’eau chaude peuvent en surprendre plus d’un. L’aubépine semble être également un des mets favoris. En hiver, on la trouve recouverte de sucre caramélisé et embrochée sur un pique comme une pomme d’amour. Le restant de l’année, il est courant de la consommer dans les boissons et les sucreries, mêlant un gout de cendre et de sucre.

Pour accompagner les repas mixant souvent le sucré et le salé, l’eau chaude est de mise. En effet, pour consommer l’eau du robinet, il est nécessaire de la faire bouillir afin qu’elle soit digeste (ce qui nous a amené à acheter Wu, notre bouilloire totem).

À la cantine, c’est une centaine de bacs qui se succèdent et qui embaument la pièce de saveurs délicieuses, nous permettant de créer des plats en sauces aux proportions gargantuesques. Les textures des aliments sont étonnantes : beaucoup sont visqueuses, gluantes, ou encore étrangement moelleuses. Comme Thibéry l’a remarqué dans son article, la taille des assiettes correspond plutôt à celle d’un plat entier, nous amenant à questionner notre propre notion de proportion. Adepte de cette nourriture, c’est toujours une explosion culinaire à chaque bouchée. Cette formulation n’est que plus vraie lorsque le plat choisi est « légèrement » épicé.

Deux baguettes et un croc, deux yeux rouges et un excès de chaleur. Désormais, nous prenons garde à préciser « No chili ».