Le système éducatif Colombien : partie 1

Vous avez été très nombreux à me demander la différence qu’il y avait entre les cours en France et en Colombie. Pour répondre à toutes vos interrogations, j’ai décidé de consacrer deux articles répartis en deux parties, sur le fonctionnement du système éducatif colombien.

 

La licence
Pour commencer, en Amérique Latine, il faut compter 5 ans pour obtenir son diplôme de Licence, contre 3 en France. De plus, les niveaux ne se comptent pas en année mais en semestre. Si vous demandez à un colombien son année de licence, celui-ci vous répondra « Segundo semestre » (second semestre) soit L1 en France. 
Ainsi : 
Tercero y Quarto semestre = L2
Quinto y Sixto semestre = L3
Septimo y Octavo semestre = L4 (qui je le rappelle, n’existe pas en France)
Noveno y decimo semestre = L5 (n’existe pas non plus en France)

Puis ça recommence au niveau Master.

Le coût
Si en France, nos frais d’inscription sont entièrement basés sur le revenu de nos parents, ça n’est en revanche pas le critère retenu en Colombie.
Qu’il s’agisse d’une université publique ou privée, les frais scolaires peuvent atteindre une somme conséquente (démesuré quand on en connait le niveau de vie des colombiens).
Le prix des inscriptions pour un étudiant voulant s’inscrire à l’université publique, dépendra de 2 critères :
– Du lycée dans lequel il était. S’il était privé, les frais seront plus élevés.
– De la zone géographique dans laquelle il vit. En effet, chaque ville dispose de « zones fictives ». Popayan par exemple, dispose fictivement de 8 zones. Je dis « fictivement » car ça n’est pas reconnu comme des quartiers ou des arrondissements à Paris. Le terme « zone » est employé seulement dans ce genre de circonstances, à savoir, des zones qui ont été délimitées en fonction du coût des logements, afin de répertorier la classe sociale des familles qui y vivent. C’est-à-dire que la zone 1 représente la zone où vivent les familles les moins aisées et la zone 8, celle où vivent les plus aisées. Ainsi, si Miguel vit dans la zone 8, celui-ci paiera davantage de frais que Jose Antonio Fernando-Delgado, vivant dans la zone 1. 

D’ailleurs, ici, ce sont généralement les étudiants qui paient leurs études supérieures. Rares sont les étudiants qui se font payer l’intégralité de leurs études par leurs parents. Le salaire minimum est si faible que la majorité des familles n’ont donc pas les moyens de payer les études de leurs enfants. C’est pourquoi certains mettent plus d’années que d’autres pour être diplômé, et ainsi l’être à l’âge de 29 ans.

De ce fait, bien que l’université soit publique, un étudiant peut être amené à payer 5 millions de pesos le semestre, ce qui est excessivement effarant car bien qu’en euros cela représenterait déjà près de 1300€ (une somme impensable pour un étudiant dans une université publique en France), pour eux, cela serait l’équivalent de 15k €, LE SEMESTRE. 
Je vous laisse imaginer le prix des universités privées. 
Non, tout compte fait, ne l’imaginez pas.

Le calendrier
Concernant le calendrier scolaire des colombiens, on ne va pas se le cacher, c’est un bordel sans nom. Clairement.
Je vais donc tenter d’être le plus explicite possible mais je ne vous cache pas que cela va me sembler un peu difficile au vue de la complexité de celui-ci.
Tout d’abord, si vous avez le malheur d’avoir trois enfants en études, où l’un serait dans un lycée public (« colegio publico »), un dans un lycée privé (« colegio privado »), et un autre à l’université (« l’universidad »), n’espérez jamais pouvoir organiser des vacances avec eux car ils n’auront jamais les mêmes.

En effet, au lycée, il existe le calendrier A et le calendrier B.
Le calendrier A est destiné aux lycéens de lycées publics, et le B aux lycéens de lycées privés. 
Ces deux calendriers ne se ressemblent sur aucun point. Si la rentrée scolaire est fin janvier dans le public, elle sera début septembre dans le privé.

Dans le cas de l’université, il n’existe pas de calendrier mais leur année universitaire est elle aussi, entièrement différente de la nôtre.
La rentrée du premier semestre se passe début février et se termine mi-juillet, ce qui est ma foi, assez long comme semestre. Après deux semaines de vacances, ils rattaquent début août, entamant ainsi le second semestre qui s’achèvera mi-décembre. Vous l’aurez compris, leurs 2 mois de vacances sont situés pendant les périodes festives de noël.

Cependant, ces calendriers sont souvent déréglés et les rentrées scolaires ne se font donc jamais comme prévues. Cela s’explique par les nombreux blocus organisés. Cette année par exemple, le second semestre a été coupé en deux puisqu’en septembre 2018, des manifestions se sont organisées, bloquant ainsi les universités de septembre à décembre.
Les cours ont ainsi repris en janvier et se sont achevés mi-mars.

Un sacré bordel comme je vous l’avais dit.


Dans cet article, nous avons donc traités des thématiques administratives du système éducatif colombien.
La semaine prochaine, nous traiterons des thématiques « internes », à savoir, la relation professeur/étudiant, le barème de notation, le déroulement de leurs cours et examens.

Bonne fin de semaine !